Samedi 14 novembre 2009
    On se débarbouille à l’eau froide et après avoir déjeuné avec tous les enfants, nous chargeons nos bagages. Ils nous embrassent tous avant que nous montions dans la voiture, cuisinier et cuisinière y compris. Ils nous feront des signes d’adieu jusqu’à ce qu’on disparaisse au bout de la route.
Nous reprenons la piste pour descendre jusqu’à Susques . De nouveau nous nous arrêtons chez Norma pour acheter du ravitaillement.
        La route est toujours barrée, les manifestants n’ayant pas eu gain de cause, continuent à bloquer la route. Nous, nous prenons la ruta 40, la piste qui nous amène jusqu’à Puesto Sey. La route est différente, nous montons puis descendons dans le lit des rivières que nous traversons à gué ( il n’y a pas beaucoup d’eau ). Nous rencontrons des lamas et des vigognes ainsi qu’un renard, el zorro, qui nous regardera passer. Avec l’eau de la rivière il y a plus de présence animale, particulièrement des oiseaux que sur la piste de San Juan. 72 km plus loin, nous arrivons dans le village de Puesto Sey. Là le bus passe, mais il n’y a ni électricité ni téléphone. C’est le dernier village de la province de Jujuy.
   
    Les enfants sont au réfectoire. La directrice nous accueille et nous fait asseoir. Les cuisiniers retournent en cuisine pour nous préparer le repas. Pendant ce temps, le prof de musique, Luis,va chercher les instruments de musique. Il accompagnera à la guitare un groupe d’une dizaine d’enfants qui nous font un concert de musique et de chants. La directrice et les instituteurs entraîneront les autres enfants à chanter et à taper dans les mains. Nous aurons ainsi droit à un super concert d’une heure environ. A la fin, la directrice fait monter sur un banc une nina de cinq ans qui chantera puis fera de la flutte : une future artiste…

    Nicole restera à discuter avec la directrice qu’elle ne connaissait pas encore. Lors du festival c’est Rober qui accompagnait les enfants. Mais ayant des problèmes de santé, il ne peut pas vivre loin d’un hôpital et a donc quitté l’école de Puesto Sey pour celle de Susques.
Nous partons de l ‘école vers 15h, nous avons encore pas mal de piste pour rentrer à Salta.
Les enfants nous accompagnent, là aussi jusqu’à la voiture et nous disent adieu.

    Nous continuons notre trajet, nous allons remonter jusqu’à 4393 m derrière le volcan Tuzgle.
Soudain, devant nous un pickup garé et un peu plus loin un scrappeur. C’est une partie de la piste très étroite et en descente, nous ne pouvons pas passer. Les ouvriers sont venus réparer une partie de la piste, un virage où il y a eu un effondrement. Nous attendons un quart d’heure environ, puis le scrappeur descend la piste. Nous le suivons jusqu’à une ligne droite où nous pouvons le doubler. A l’aller il avait aplani le terrain, ce qui fait que nous roulons sur une piste plate sans cailloux. On apprécie particulièrement, puisque la route passe dans le lit de la rivière et qu’à notre dernier passage il y avait beaucoup de cailloux et un peu d’eau.

    Nous apercevons bientôt le pont du chemin de fer, derrière c’est la descente sur piste toujours jusqu’à San Antonio de los Cobrès. Nous avons ensuite une cinquantaine de km sur asphalte puis les 70 derniers km en piste. Nous arrivons à Salta vers 21h 30. Nous déposons Julia chez sa mère et nous nous installons à l’hôtel, tout poussiéreux. Nous remettons la douche à plus tard et partons boire une bière en attendant notre pizza.
Le lendemain, nous rendons le pickup. Nous le garons en face de l’agence puis allons tirer de l’argent au distributeur. C’est moins cher de payer cash que par carte bleue.
Nous retrouvons ensuite Nicole au restaurant. Nous reparlons de notre voyage, avec de temps en temps les larmes qui nous montent aux yeux en repensant à ces moments plein d émotion passés avec les enfants des 2 écoles perdues au fond de la Puna.
Nous allons bientôt quitter Salta et la région nord de l’Argentine, nous avons nos billets pour Mendoza. Nicole remontera à Jujuy.

Par Sylvie et Gérard - Publié dans : Argentine
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Vendredi 13 novembre 2009
    Nous nous mettons d’accord avec Nicole, pour aller rendre visite aux écoles parrainées par l’association, les Enfants d’Atacama, Julia, une agronome doit nous accompagner. Hélas il n’y a aucun pick up de disponible pour lundi à Jujuy. Nous partons donc à Salta, ville plus grande et plus touristique. Les agences sont fermées le samedi après-midi et le dimanche. Nous trouvons quant même une petite agence Earth, ouverte et avec un Toyota Hillux de disponible.
        Dimanche matin, Nicole vient nous retrouver à l’Hôtel avec les croissants pour le petit-déjeuner.
Lundi matin, nous partons tous les 3 à l’agence. Nous avons prévu de prendre la voiture à 8h30, mais heure argentine, l’agence ouvrira à 9h. Nous réglons les formalités et prenons la route pour la maison de Rafael, à Jujuy, où Julia nous attend et d’où nous chargeons les paquets de vêtements récupérés de France et d’Argentine.
Une fois la plateforme du pick up chargée, nous montons dans la Quebrada. Nous avons prévu une étape à Purmamarca à 2200 m pour ne pas monter directement au col à 4170m. Nous faisons quelques achats, puis un tour de voiture dans « la palette de couleurs » des montagnes derrière le village.

    Nous attaquons doucement la montée en lacets qui nous mène au col puis à Susques où nous avons prévu de passer la nuit. La propriétaire des lieux, Gladys, nous accueille. C’est l ‘ancienne directrice du collège, à presque 70 ans, elle se met à l’informatique. Toute contente, elle nous montrera ses cours de Word et d’Excel…L’hôtel, La Viguna, n’a pas l’eau chaude (et pas de chauffage), le réveil est donc tonique, et nous entraine pour les prochaines étapes. On se rendra compte en sortant qu’il a gelé pendant la nuit.

    Nous nous rendons à la boutique de Norma pour acheter du ravitaillement pour l’école : du riz, des pâtes, des sodas, quelques légumes et de la viande hachée et des poulets congelés. Nous ferons connaissance avec la fille de Norma, Wara qui nous présentera « Princesse », le petit agneau élevé derrière la maison. Nous faisons un 2e ravitaillement dans une autre boutique de Susques.
Et nous partons à la manif ; en effet la route du Chili est bloquée par les manifestants qui réclament des effectifs pour l'école. Nous sommes accueillis par les femmes du village qui nous proposent maté et pain. Il faut bien se réchauffer pour commencer la journée. Les grandes marmites d’eau chauffent. Petit à petit la manifestation s’organise, d’abord de gros blocs de rochers coupant la route, puis le Padre arrive avec des feuilles de papier, des crayons, de la ficelle…pour écrire les slogans et un câble pour barrer la route solidement.

    Nous ne restons pas longtemps voulant arriver à l’école de San juan de Quillaquès pour le repas du midi.
La piste part derrière le village, il n’y a aucun moyen de transports publics. Le seul véhicule du village est celui du Maire. Nous remontons à 4100 m et arrivons au village à 3900 m ( qui compte 130 habitants ) vers 12h.
Les enfants sont dans la cour et travaillent à la construction d’une mare pour des canards, que la Directrice Elisa ramènera de Jujuy, le week-end prochain. Après avoir désensablé le trou bétonné, les garçons apportent l’eau tirée du puits, et les plus petits ainsi que les filles regardent si l’eau s’échappe…

    Elisa fait reprendre les cours. Elle est seule, les 2 institutrices étant absentes. Nous en profitons pour faire le tour de l’école et regarder les installations : des panneaux solaires pour l’électricité sur le toit, des fours solaires dans la cour, le trou dans le sol qui sert de puits. A l’extérieur se trouve le four à pain, l’école fait son pain une fois par semaine. Il y a aussi le poulailler, une idée de Nicole qui l’a fait construire pour que les enfants aient des œufs et éventuellement de la viande. A côté la serre qui n’a pas résisté aux rafales du vent.

    La cloche sonne, c’est l’heure du repas au réfectoire. Nous nous asseyons en bout de table à côté l’Elisa. Steacks hachés ( qui a bien supporté les quelques heures passées sous la bâche) avec du riz, puis une soupe de légumes et une banane en dessert.
Les enfants après un petit moment à jouer dans la cour reprennent les cours. Julia avec les 3 plus grands va à la serre. Elle fera découper les morceaux de plastique arrachés, et par bandes entourera les fils de fer de la carcasse. Il y aura peut-être plus tard du plastique de remis, mais en réalité, c’est la conception de la serre qui est à revoir : elle ne résiste pas aux assauts du vent, donc l’enterrer plus profond, mettre des plaques de marcolite (tôle ondulée fibrée transparente) au lieu du plastique…

    Nous participons également au goûter : maté avec du cake. A chaque repas il y a un tour pour mettre la table et la desservir. De même, les grands doivent s’occuper des 3 petits : leur couper la viande, les aider à manger.
Ce sera ensuite la distribution des vêtements apportés. Des grands désignés par Elisa font faire des tas séparés selon les tailles. Ensuite elle appellera les plus petits en taille et leur distribuera les vêtements, puis ce sera le tour des filles, puis des garçons. Aucun enfant se manifestera, tous attentent le vêtement qu’Elisa leur donnera. Puis ils se retirent, plient délicatement le tee-shirt ou le jean et vont les ranger dans leur dortoir. Certains tellement contents vont garder les combinaisons de ski qu’ils ont eues…Peut-être étonnant mais l’hiver par des températures négatives et peu de chauffage, cela est très pratique.
    Il y a également des peluches et des poupées distribuées :  un ravissement. Chacun part dans son coin pour jouer, même les garçons.
Elisa distribuera également les chaussettes achetées par Nicole : 4 paires pour chacun. De même les enfants vont les prendre avec soin et les ranger.
C’est une atmosphère irréelle : loin de notre société de consommation, les enfants connaissent le prix des choses et sont contents de recevoir en cadeau une paire de chaussettes…
Elisa connaissant toutes les familles, partagera ensuite les vêtements de bébé et d’adultes pour les frères et sœurs ou les parents des enfants.
Tous les enfants nous embrasseront.
    Gérard leur passe sur le micro une sélection des photos faites pendant le festival. Assis par terre ils se regardent et commentent.
   
    Nous changeons de pièce et allons à la cuisine, ou le cuisinier et la cuisinière préparent les empanadas, nous apportons une aide symbolique à étendre la pâte et à la confection, les notres se repèrent de suite par leurs irrégularités.
Nous prenons le repas avec les enfants, empanadas et poulets avec riz. 

    Les enfants nous récitent des poèmes et nous offrent un cadeau à chacun, bonnet pour Gérard, bérets pour les filles, ponchos et un cactus décoré. La séance de photos est animée, Julia et Gérard prêtant leurs appareils à photos pour que chacun puisse prendre son cliché. La directrice doit intervenir pour calmer l’enthousiasme des enfants et la pagaille que nous avons organisée.
Il fait très frais, la cuisinière propose de ranger la voiture sous un abri pour que le radiateur ne gèle pas pendant la nuit. . Tout le monde va se coucher plein d’émotion, sous un ciel étoilé, des étoiles partout, magnifiques.
   
Par Sylvie et Gérard - Publié dans : Argentine
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Dimanche 8 novembre 2009
    Le festival a été une réussite, 250 entrées payantes. Le spectacle a été exceptionnel, les enfants ont fait des prestations de grandes qualités, que de travail en amont, pas un raté, des vrais pros. Les enfants de San Juan ont allié la musique, le spectacle théatrale et l'humour, ceux de Puesto Suey ont interprété leur parti musicale comme de vrai pro.
    Les artistes furent aussi à la hauteur, avec une grande diversité de musiques locales. Nous avons eu aussi 3 spectacles de danses gauchos.
    Dans le premier album, quelques photos des prestations.
Par Sylvie et Gérard - Publié dans : Argentine
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Jeudi 5 novembre 2009
    Nous quittons Salta par la Ruta 9, celle qui passe dans les montagnes à la végétation tropicale.  Des lianes pendent des arbres, des orchidées recouvrent les branches. La température est passée au-dessus de 40 °. Nous nous arrêtons dans une aire de pique-nique municipale à Carmen à l’ombre sous les mûriers. Nous repartons en direction de Libertador Général San Martin, la ville proche du Parque National Calilegua où se trouvent les yungas.. Les enfants plongent dans les canaux d’irrigation des champs de tabac, les parents les regardent assis sur les chaises pliantes sur la berge, à l’ombre. Tout le monde a chaud …

    Les champs de tabac sont peu à peu remplacés par des champs de canne à sucre. Au loin les fourneaux de la raffinerie de sucre fument, dans l’air une odeur sucrée. Nous sommes arrivés. Personne dans les rues, tous les magasins sont fermés. Nous trouvons un hôtel avec air conditionné. Nous prenons une chambre pour avoir un peu de frais, la chaleur est étouffante. On branche la clim et la TV. On verra vers 20h30, l’heure d’ouverture des restaurants, si la ville s’anime.
    Quelques magasins vont s’ouvrir, mais pas de restaurant, nous prenons une pizza « especiale » en terrasse. Les habitants de la ville ont sorti leur chaise sur le trottoir, certains même y mangent. La température est inhabituelle : à 22h il doit toujours faire 40°.
    Lundi nous partons pour les Yungas, un parc à la sortie de la ville. Une piste nous amène jusqu’à l’entrée où le ranger nous explique les promenades à faire. Il fait 38°, nous nous attaquons aux plus faciles, celles qui ont peu de dénivelé. Même les arbres ont chaud, les feuilles sont toutes fripées par manque d’eau. Nous reviendrons à la voiture, trempés de transpiration. On essaie de monter plus haut, les montagnes s’élèvent à 2000 m, mais la piste est vraiment mauvaise avec beaucoup de cailloux. De toute manière, même plus haut, il fait trop chaud pour voir les animaux. Notre seule rencontre sera un iguane « à queue courte «  sur la route et deux oiseaux noirs avec des grandes plumes sur la queue entre la dinde et le paon.

    Nous rentrons à Jujuy. Nous retraversons les champs de tabac. Des ouvriers binent pour faire des tranchées par les lesquelles vont se faire l’irrigation. D’autres coupent les fleurs qui sont jetées et « cautérisent » la plante. Au nombre de champs et de bâtiments séchoirs, la culture du tabac dans la région est importante.
A 20h nous rendons la voiture.
Les préparatifs pour le festival des enfants continuent. Ce mercredi Nicole et Rafael ont rendez-vous au département de la culture pour une conférence de presse.
   
    Ce sera impressionnant le nombre de caméras et d’appareil photos. Le représentant de la  Culture fera l’introduction, Nicole enchaîne. Après la conférence, les interviews avec les journalistes se poursuivent, Nicole avec une télé, puis une radio, Rafael de son côté avec la presse écrite et la radio, Martine avec une radio. Si nous avions parlé espagnol, il aurait fallu aussi assuré. Il restera à regarder les TV et écouter les radios, en espérant que cela fera venir du monde au théâtre jeudi.

    Nous mangeons chez Mariella et Rafael et ferons connaissance de la petite dernière de la famille : Sophia. Hugo est arrivé de Cordoba, nous nous retrouverons tous au théâtre, a la magnana pour les derniers préparatifs. En fin d’après-midi, les enfants des 2 écoles arrivent, Nicole est là, pour les accueillir.

Par Sylvie et Gérard - Publié dans : Argentine
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Mardi 3 novembre 2009
    Depuis la dernière carte nous avons fait beaucoup de kilomètres.
Nous sommes passés du grand sud au grand Nord.
Un vol Ushuaia vers Buenos Aires, un tour de bus de Buenos aires à Jujuy et ensuit une location de voiture pendant 4 jours dans la Puna.
Par Sylvie et Gérard - Publié dans : Argentine
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