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Sylvie et Gérard
Nous nous sommes arrêtés 3 jours à Tupiza. La ville est toute petite et sans intérêt, mais les environs sont magnifiques.
Nous en profitons de nous reposer de l’altitude, nous sommes ici à 2960m. Nous sommes de nouveau en Tshirt, il fait chaud, même très chaud en début d’après-midi. D’ailleurs à cette heure là, la
ville est morte, pas la peine de chercher à boire.
L’hôtel nous a donné une carte des randonnées à faire dans les alentours, sauf qu’elle est complètement bidon, pas à
l’échelle et sans les difficultés.
Nous partons le sac avec le pique-nique sur le dos. La première promenade est le canyon, dix minutes de traversée d’un
canyon large d’un mètre à 5m qui se termine dans une quebrada qui elle se termine par un mur d’escalade…nous de trouvons pas de sortie et faisons demi-tour ( sur la carte, il y avait possibilité
de boucle…). Mais nous sommes contents de la balade.
Le lendemain, nous partons vers la porte du diable. Mais nous avions le soir retrouvé Fanny et le couple de Slovènes qui
étaient partis pour cette balade qui s’est également terminée par un mur de rochers à escalader. Nous savons donc que notre balade se terminerait au canyon de l’inca. Nous avons bien profité du
paysage et des cactus.
Nous avons maintenant nos tickets de bus pour Villazone, demain nous passons la frontière argentine.
Nous voici samedi 23 octobre en fin d’après-midi débarquant tout cradingue à Tupiza après 4 jours magnifiques.
Nous avons quitté Potosi mardi dernier, nous avions réservé dans un grand bus pour être sûr que nos bagages voyagent en soutes et non sur le toit. Bien sûr en arrivant pas de grand bus, 2 agences ont regroupé les voyageurs sur un bus « moyen », et les sacs partent sur le toit…Dans le bus, majorité de touristes. Nous prenons des locaux en cours de route.
Nous arrivons à Uyuni en fin d’après-midi après 6 h de bus, pratiquement que de la piste. La ville est toute petite, tout se regroupe sur 2 rues. Nous nous installons à l’hôtel Julia, une immense chambre à 150 bol avec petit déjeuner. N’ayant rien mangé depuis le petit déj de l’hôtel, nous décidons d’aller manger avant toute chose, mais en repassant devant la réception nous demandons où se trouve l’agence Expemsa, recommandée par le couple d’Italiens à Arica. La jeune fille nous accompagne sur le trottoir, et devant la porte de l’hôtel, nous présente la dame de l’agence…qui discutait sur le trottoir avec d’autres personnes. Cette dernière nous emmène dans son agence à 20m de l’hôtel et nous explique le programme en 4 jours. Mais pour l’instant, nous ne sommes que 2 à éventuellement s’inscrire et le 4X4 ne part qu’avec 6 personnes.
Nous partons vers la place centrale où se trouvent boutiques de souvenirs et restos. Nous venons de parler avec des Françaises et un Québequois revenant d’un tour qui nous conseille une pizzeria. Il fait encore soleil, nous nous mettons en terrasse avec le Lonely Planet version française bien en vue sur la table : ce serait bien d’arriver à remplir une voiture.
Passent devant nous 3 Français ayant fait avec nous le voyage en bus de Potosi. Ils démarchent les agences. Nous
leur parlons de notre agence, et leur disons que nous sommes volontaires pour combler une voiture. La pizza arrive, nous commençons à manger. Arrivent un couple Franco-Belge avec qui nous avons
également voyagé. Ils cherchent eux aussi à partir. Nous les envoyons également à l’agence et nous continuons à manger tranquillement.
Quelques minutes plus tard, tous les 5 reviennent et nous font la proposition d’aller à Tupiza au lieu de revenir à Uyuni ce qu’ils ont négocié très bien à l’agence pour compléter avec
d’autres personnes déjà inscrite, nous acceptons. Tous ensemble nous partons nous inscrire et payer l’avance avant de tous nous retrouver à la pizzeria. Le départ est pour le lendemain matin
10h30.
Nous sommes 6 parlant français (Christophe et Marion, Patrice et Maelle, Sylvie et Gérard) dans un 4X4 et Fanny monte dans un 2ème 4X4 avec un Australien, 2 Slovènes, 2 Allemands. Les voitures resteront toujours ensemble. 6 doivent partir vers la frontière Chilienne pour rejoindre San Pedro de l’Atacama (ils voyagent pour 600 bols), nous et 4 autres partiront ensuite pour Tupiza (pour 1000 bols). Sur la route nous reprendrons 2 anglaises qui avec l’Austalien remonteront ensuite à Uyuni.
Nous commençons la visite par le cimetière des trains à la sortie de la ville. Des locomotives de toutes générations sont entassées sur les 2 voies, le paysage est décoré d’une multitude de sacs plastiques portés par le vent. Un peu comme nous voyons chez nous les jours de mistral à côté de la décharge d’Entressein dans la Crau. Puis nous partons pour Colchani. Là nous retrouvons 25 autres voitures, ça angoisse un peu…Une personne du village nous montre comment il récupère le sel du salar, l’assèche, le broie et le met en sachets pour la cuisine. Dehors des stands d’artisanats pour ceux qui veulent s’acheter des bonnets, des gants, ou des chapeaux. Tout est moins cher qu’à Uyuni.
Nous partons ensuite pour le salar (3653 m d’altitude et 12 500 km2 c’est la plus grande réserve de sel au monde), où il est prévu de pique-niquer à l’ancienne maison de sel qui sert de petit musée.
Le parc interdit maintenant les constructions des maisons de sel qui sont des hôtels, pour protéger le site et éviter la pollution.
En fin d’après-midi, 80 km après Colchani, en traversant des milliers de plaques de sel hexagonales, nous arrivons à l’Isla de Pescado ou Incahuasi : au milieu du Salar tout blanc, une montagne recouverte de cactus. Nous payons 15 bols pour pénétrer sur l’île et l’escalader et prendre un peu de hauteur sur cette immensité de sel. La promenade est agréable et un peu éprouvante, même si elle ne fait qu’une cinquantaine de mètres de haut, l’altitude calme un peu les ardeurs.
Le soleil baisse, nous sommes en fin d’après-midi et les couleurs deviennent très chaudes. Nous continuons notre route pour sortir du salar et rejoindre notre hôtel. Nous croisons une extraction de sel qui sert à la construction. Le sel est découpé à la scie circulaire en bloc parallélépipédique de la taille d’une grosse brique. Nous profitons des ombres portées et du soleil rasant, pour faire quelques photos, coucher de soleil sur le salar oblige.
La sortie du salar se fait par une sablière, pilote amateur dans le sable mou s’abstenir. Des ornières de 30 cm, celà se croisent de partout, le jour tombe, on ne voit pas grand chose, les conditions idéales pour s’ensabler. Nos chauffeurs sans problème nous sortent de là, en 2 roues motrices, c’est des spécialistes des passages difficiles, même pas dur pour eux.
Nous arrivons à l’hôtel et prenons possession de nos chambres, tout est en sel même les lits. Nous sommes dans une chambre de 4, nous dormons avec les Franco-belges de Guadeloupe, Christophe et Marion voulant s’installer à Grenoble à leur retour.
De l’eau chaude est mise sur la table avec du thé, du café, ou de la tisane ou des feuilles de coca (apportées par Christophe) pour nous faire attendre le repas : une soupe de légumes suivie d’un « pique macho » ( viande de bœuf, saucisses, frites et légumes mélangés). A 10h30 plus d’électricité, tout le monde se couche. La nuit est froide, mais il y a plusieurs couvertures sur les lits qui suffisent à nous réchauffer.
Le lever est prévu à 6h pour le lever de soleil (pas terrible), et un départ à 7h. Nous traversons un petit salar, tout autour des volcans, dont un en activités. Nous allons nous arrêter à sa base pour voir les fumerolles.
Nous nous dirigeons ensuite vers les lagunes. A la première, Laguna Canapa, il est prévu de pique-niquer. Le site est magnifique par les couleurs de l’eau et des flamants roses qui l’envahissent.
Juste avant de partir, 2 vigognes viendront poser pour les photos. Nous enchaînons ensuite les lagunes, Hedionda, Charcota, Honda et Ramaditas, toutes avec des couleurs différentes dues aux minerais et leurs colonies de flamants.
Nous traversons ensuite un désert pour arriver à l’Arbol de Piedra et la laguna Colorada où nous attendons le coucher de soleil. Le vent s’est levé en milieu d’après-midi, c’est glacial.
Mais tout le monde regarde les colonies de flamants sur le lac, c’est certainement la plus jolie de toutes ( nous sommes seulement à 4270 m ).
Nous rejoignons notre « hôtel », dortoir de 7. En attendant le repas, idem, boissons chaudes. Là c’est
beaucoup plus simple, soupe de légumes suivie de spaghettis à la sauce tomate, mais accompagnée de vin bolivien acheté dans un petit village. Avec Christophe, nous connaissons la technique
de l’ouverture de la bouteille de vin, sans tire bouchon et avec la chaussure. Les autres sont sceptiques, donc avec ma basket, la bouteille dans le talon, nous frappons sur le mur, et le bouchon
petit à petit sort de la bouteille (le miracle de l’onde de choc à encore agit). Il fait froid, nous allons nous coucher tôt.
En effet le lever est prévu à 4h du matin. Tout engourdi et sans déjeuner nous partons vers les geysers (la vapeur sort à 200° et se condense pour geler immédiatement sur le bord des geysers, tous les trous sont donc entourés de givre), puis nous repartons vers les thermes. A 6h du matin, il est prévu pour ceux qui le veulent la baignade dans un bassin d’eau chaude à 30 degrés. Il fait encore nuit, et l’eau le long de la rivière chaude est gelée.
Et nous avons là notre petit déjeuner, servi dans une grande pièce où se retrouve une cinquantaine de personnes ( une dizaine de 4X4 ). Mais cela nous réchauffe et nous réveille.
Nous pouvons continuer vers la laguna Blanca, la laguna Verde et le volcan Ucancabur.
Vers 10h30, nous déposons à la frontière chilienne, ceux qui partent vers San Pedro de Atacama. Nous ne sommes plus que 2 dans notre voiture, nous reprenons le même chemin et arrivés aux thermes, nous embarquons 2 anglaises. Nous sommes maintenant 4 dans chaque voiture. Nous continuons notre traversée, 2 autres lagunes de nouveau avec leur colonie de flamants puis des passages à gué avant d’arriver à San Antonio de Lipez où nous allons passer la nuit.
Nous traversons un village fantôme (une histoire de curé, de diable, de vin et aussi de la diminution du cours de l’or et de l’appauvrissement du site). Nous prenons une petite pause dans le village abandonné, c’est le repère des viscaches qui se cachent dans les vieilles pierres. L’hostal où nous nous arrêtons, est fermé, les guides font le tour du village et trouve un autre hostal où l’on s’installe. C’est encore plus désuet, toujours en dortoir, pas de douche. Les lits sont rudimentaires, les matelas mettent bien en valeur leurs ressorts.
On nous prépare le repas : soupe puis côtes de lamas avec légumes et frites.
Les guides nous amènent 2 bouteilles de vin. Nous sommes épuisés, les chauffeurs pire encore : tous les deux ont mâché de la coca après le repas pour ne pas s’endormir au volant. Luis a les yeux qui lui sortent de la tête.
Le lendemain, départ à 7h, il reste encore pas mal de route. La piste est étroite, tortueuse, nous montons et descendons sans arrêt, avec des ravins de plusieurs centaines de mètres. Nous traversons San Pedro de Lipez, puis encore par des montées et descentes entre 4100 m et 4500 m nous continuons notre chemin. Le repas est pris dans un bled dont nous ignorons le nom, les chauffeurs cherchent un endroit pour préparer à manger, il y a trois maisons dont une qui fait épicerie et qui a une salle, aucune indication à nulle part, il faut savoir, c’est tout.
Nous continuons jusqu’à Tupiza, la piste suit les crêtes, les ravines se succèdent, à droite puis à gauche, des deux côtés à la fois, on monte, on descend. Au sommet d’une colline à 4300m, nous sommes en Bolivie, nous croisons des restes d’anciennes mines d’or, des trous en nombre dans la colline, en face un camion et un compresseur, certaines doivent être encore en activité.
L’arrivée sur la ville est grandiose, la montagne est sculptée de partout, là nous voyons un théâtre avec tous ses sièges, ici un château avec les remparts, ensuite une cathédrale, chacun avec son imagination voit des choses différentes. Nous finissons de descendre pour passer de 4000m à 2920m et arrivons vers 16h. Une voiture ramène les 2 anglaises et l’australien à Uyuni, l’autre voiture reste sur place, notre chauffeur Luis a de la famille sur place, nous avons compris que c’était sa grand-mère.
Nous nous installons à l’hôtel Nitru ( 200 bol ), c’est là que les voitures nous ont déposés.
Après une bonne douche, nous chargeons les photos : 1200 pour les 4 jours. Il faut dire que le tour était particulièrement beau et varié. Nous ne regrettons vraiment pas nos 1000 bols par personnes. Nous choisissons le restaurant le plus proche de l’hôtel, le chauffeur passe par le même restaurant, c’est sûrement sa grand-mère qui l’accompagne, elle a au alentour de 25 ans… Nous rentrons à l’hôtel et dodo.
De notre chambre, nous surveillons le terminal de bus, celui de San José arrive, nous rejoignons le hall
et le quai 15. Le bus est à l’heure et charge d’énormes paquets dans les coffres. Sur le quai, une dame en habits traditionnels, nous demande où nous allons, d’où l’on vient…toutes ces petites
questions que l’on pose aux touristes. Puis avec sa couverture dans le dos, et son chapeau melon marron sur la tête, elle monte avec nous dans le bus.
Nous sommes sur la route de Potosi, de petits villages de temps en temps. Ceux-ci sont entourés de murs en terrasse qui
montent très hauts sur les versants. C’est l’époque des labours, nous voyons les paysans labourer, en couple en poussant la herse, ou avec des animaux, mais très peu de tracteurs. Dans les
premiers kilomètres pâturent des vaches (à 3 500 m) et des moutons puis des alpagas. Après 2 h de route, le chauffeur s’arrête dans un petit village pour manger. Là, pas de banos, un terrain
vague, un côté femme, un côté homme. Et nous comprenons l’avantage d’avoir une jupe plissée, bien ample, à la place d’un pantalon…Nous arrivons en début d’après-midi à Potosi. De loin nous
apercevons les différentes collines de la ville avec plein d’immeubles en construction. Nous descendons dans une énorme gare routière, comportant 2 immenses espaces cylindriques, toute neuve. Il
n’y a ni taxis, ni mini bus en vue. Nous rejoignons la route, là nous retrouvons notre copine de bus . Un mini bus arrive, elle monte dedans, nous demandons au chauffeur : el centro ? devant sa
réponse positive, nous montons également. Pendant une vingtaine de minutes, nous allons monter et descendre des petites rues, certaines complètement embouteillées. Notre copine descend et demande
au chauffeur de nous laisser à un arrêt près de la place du 10 Novembre.
Consigne respectée, nous descendons et trouvons notre hôtel « Compania de Jesus » dans une rue proche. Nous nous installons
(110 bol la matrimonial avec petit déjeuner). La chambre est spacieuse, claire, la fenêtre donne sur un petit patio intérieur.
Nous sortons faire un tour, dans les rues avoisinantes, à chaque montée, il nous faut reprendre notre souffle, nous sommes
épuisés : les 4 060 m de Potosi se font sentir. Nous nous couchons, il y a 5 couvertures et un couvre lit. Impossible de dormir là dedans, c’est très très lourd et nous n’avons pas froid : on
enlève 3 couvertures.
Pour le petit déjeuner, nous avons une grande tasse de café, thé, maté de coca au choix, deux petits pains ronds avec
beurre et confiture, tous les rabs sont à supplément. Pour 11 euros, chambre et petit-déjeuner compris, cela nous semble normal.
Nous partons en ville avec notre linge sale sous le bras, à la lavanderia que l’on nous a conseillée la veille, après la
pesée du linge (4 kg), remise du ticket de 40 bol, Nous devons le reprendre à 8h ce soir.
Le musée de la monnaie étant ouvert, nous prenons nos billets et l’on nous indique qu’il y a une visite guidée en français
à 10h30. Nous ressortons pour attendre l’heure, nous passons devant le couvent Santa Thérésa, ouvert mais que nous ne visitons pas, ce n’est pas au programme aujourd’hui. Retour au musée de la
monnaie, nous ne sommes que 2 français, nous faisons la proposition de nous intégrer dans un groupe d’anglais, cela est refusé. La guide en français, arrive, cherche d’autres français dans les
cours, revient bredouille et commence la visite rien que pour nous. Des salles d’exposition de peinture, puis les matrices et les monnaies des différentes époques, Potosi frappait la monnaie pour
tout l’empire espagnol.
Nous voyons aussi la forge, les laminoirs, puis les presses tout est d’époque. Potosi a frappé la monnaie de la Bolivie
jusqu’en 1953, maintenant elle est frappée au Chili et les billets imprimés en France.
A la fin de la visite, dans une cour intérieure, au milieu d’une exposition d’art moderne sur le thème de la boule de
pierre, un groupe folklorique est en train de faire un enregistrement de leur spectacle. Nous regardons, la danse est très rythmée avec des sauts et des rotations incessantes, à la fin de la
représentation les danseurs sont épuisés. Il est midi, les gardes mettent tout le monde dehors, c’est l’heure de la fermeture.
Nous prenons une petite collation au Café de la Plata : ensalada greca et jugos, nous n’avons pas très faim et rentrons à
l’hôtel après être passés dans un cyber pour récupérer les mails. Nous sommes de nouveau fatigués.
En passant devant la cathédrale de la Merced, notre attention est attirée par une collection de batterie de cuisine en
argent suspendue pour faire une arche jusqu’aux portes de l’église. Une fanfare joue sur le côté à l’intérieur de la cour, nous passons à côté de l’arche et rentrons dans l’église où trônent deux
vierges de tailles différentes, des autochtones sont en train de prier, nous nous faisons discrets et ressortons. Sylvie se fait accoster par une dame qui lui propose un verre d’alcool pour boire
et verser aux pieds des piquets soutenant l’arche de plats en argent, des kilos d’argenterie. Elle refuse, certains sont déjà bien éméchés et la fête ne fait que commencer.
Sur la place du 10 novembre, un orateur annonce des groupes folkloriques qui dansent les uns derrière les autres, puis
vient le tour de chanteurs et musiciens. Pendant le concert, plusieurs voitures passent, décorées de blancs et les casseroles traînants à l’arrière, les mariés passent mais cela ne dérange point
le concert, tout le monde cohabite avec des moments de cacophonie. Nous faisons un entracte afin de récupérer notre linge et de se restaurer dans un lieu chic, le 4060 en référence à l’altitude
du coin, 2 steaks et une bière la Potosina et cela va mieux. En sortant nous clôturons le festival culturel du 200ème anniversaire de la libération de Potosi en écoutant le dernier couple
sur l’estrade, chansons avec des musiques très entraînantes et deux voix agréables. Il est 10H30, nous rentrons nous coucher.
C’est dimanche, la majorité des commerces sera fermée. Nous partons vers le Couvent Santa Teresa, dans le guide il serait
ouvert . Et bien, non, porte de bois, il n’y aura donc pas de visite ce jour. Nous descendons vers le petit terminal de bus pour Uyuni où se trouvent les différentes agences. Nous en profitons
pour prendre nos tickets pour mardi (60 bolivianos pour 2).
A côté ça grouille de monde, il y a en effet un grand marché que nous allons traverser. Fruits et légumes, viande,
vêtements, et gargotes. Nous y retrouvons notre copine du bus. Jupe plissée bien étalée, chapeau- melon sur la tête, elle tient un étal de layette. Bien contente de pouvoir de nouveau nous dire
quelques mots.
Nous sommes en bas de la ville, il est midi, il n’y a plus d’ombre, et nous devons remonter. De plus pas de mini bus en
vue, nous avons du sortir du marché par le mauvais côté. Tout doucement, nous remontons vers le centre et nous nous affalons sur un banc de la place du 10 novembre. Le bar sur lequel nous
comptions pour boire, Le Café de la Plata est fermé. Autour de nous, à la place des petits stands de jus de fruits pressés, de friandises, que des touristes qui n’ayant pas grand chose à faire en
ce dimanche, prennent le soleil. Nous partons vers la petite rue piétonne, et rentrons vers le petit restaurant le Saltena, où il y a des saltenas à manger. Il s’agit d’une spécialité locale, un
peu comme une empanada. Il n’y a pas de choix de menu, donc saltenas (Une dizaine de centimètres de long, 5cm de diamètre et sur le dessus une petite crête, la pâte est garnie de petits morceaux
de poulet, bœuf, pommes de terre, raisin sec avec de la sauce à la cannelle sucrée salée, lorsque l’on croque dedans cela dégouline de partout) et Fanta ( même pas d’eau minérale)…c’est dur le
dimanche !
Nous rentrons tranquillement à l’hôtel et regardons la fin d’un Indiana Jones. Dehors il nous semble entendre des tambours,
nous décidons de ressortir. Dans la rue d’à côté passent des élèves de tout âge sous les banderoles de leur école. Le cortége passé, nous remontons vers la place où nous en voyons un autre
arrêté. Quelques minutes plus tard arrivent 4 jeunes filles portant une vierge. Le cortège démarre et sort de l’église une grande vierge portée par une vingtaine d’hommes. Au balcon, les
habitants sortent des nappes blanches et lancent des confettis, des fleurs de papiers ou des cadeaux sur la vierge. D’autres lui apportent des offrandes, bagues, fleurs…La Vierge est accompagnée
de prêtes qui de temps en temps s’arrêtent et font des prières dans un porte-voix. La foule très émue suit, les larmes aux yeux et le petit mouchoir à la main. Ce cortège vient retrouver le
précédant, et se dirige vers l’église de la Merced.
Toutes les cloches sonnent, les portes sont grandes ouvertes, tout est éclairé. Les 2 vierges se retournent vers la foule
pour une dernière prière puis rentrent dans l’église où elles retrouveront leur place. La foule se sépare. Les portes de l’église se ferme.
Il y est 7h du soir, nous trouvons un petit resto ouvert où nous mangeons avant de rentrer.
Nous sommes fatigués et nous avons très mal aux yeux, pourtant nous ne quittons jamais les lunettes de soleil.
Notre visite du couvent de Santa Térésa est donc reportée à ce lundi matin. Nous y arrivons avec un groupe de quebecquois,
nous aurons donc une visite en français de 2h. Visite très intéressante, le couvent est en très bon état et la vie de ces 21 nonnes bien que pas du tout passionnante et enviable est à
connaître.
A l’intérieur de très jolies œuvres d’art, l’or brille de partout, surtout dans l’église grâce à l’argent des dots payées
en or. Pour rentrer au couvent les deuxièmes filles des familles les plus aisées devaient se mettre sur liste d’attente, attendre un décès et payer l’équivalent de 100 millions de dollars en
équivalent or de maintenant. Aujourd’hui seulement 10 nones vivent ici, dont 8 brésiliennes, la crise frappe partout, même l’église recrute des immigrées. A la sortie nous déambulons dans les
rues pas encore visitées du centre de Potosi.
L’après-midi, nous montons à la Torre de la Compania de Jésus, pour la vue sur la ville. La Torre cohabite avec l’office du
tourisme, c’est un clocher ouvragé, très joli, vestige d’une ancienne église jésuite. Ensuite nous visitons le couvent de Saint François, le plus ancien couvent du pays et la plus grande église
de Potosi.
Ici c’est de la pierre, très peu d’or, des fleurs fraîches sont dans des vases dans tous les recoins de l’église, une odeur
de roses envahit l’atmosphère. Après la visite des catacombes sans intérêt, nous montons au mirador, sur les toits en coupole de l’église, le chemin est très aérien, mais c’est une très belle vue
de Potosi.
Dans notre élan mystique et religieux, il nous reste la visite de la cathédrale. L’ouverture est prévue à 16h, à 17h la
porte étant toujours close, nous rentrons à l’hôtel, il commence à faire froid.