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Potosi

Publié le par Sylvie et Gerard

    De notre chambre, nous surveillons le terminal de bus, celui de San José arrive, nous rejoignons le hall et le quai 15. Le bus est à l’heure et charge d’énormes paquets dans les coffres. Sur le quai, une dame en habits traditionnels, nous demande où nous allons, d’où l’on vient…toutes ces petites questions que l’on pose aux touristes. Puis avec sa couverture dans le dos, et son chapeau melon marron sur la tête, elle monte avec nous dans le bus.
Nous sommes sur la route de Potosi, de petits villages de temps en temps. Ceux-ci sont entourés de murs en terrasse qui montent très hauts sur les versants. C’est l’époque des labours, nous voyons les paysans labourer, en couple en poussant la herse, ou avec des animaux, mais très peu de tracteurs. Dans les premiers kilomètres pâturent des vaches (à 3 500 m) et des moutons puis des alpagas. Après 2 h de route, le chauffeur s’arrête dans un petit village pour manger. Là, pas de banos, un terrain vague, un côté femme, un côté homme. Et nous comprenons l’avantage d’avoir une jupe plissée, bien ample, à la place d’un pantalon…Nous arrivons en début d’après-midi à Potosi. De loin nous apercevons les différentes collines de la ville avec plein d’immeubles en construction. Nous descendons dans une énorme gare routière, comportant 2 immenses espaces cylindriques, toute neuve. Il n’y a ni taxis, ni mini bus en vue. Nous rejoignons la route, là nous retrouvons notre copine de bus . Un mini bus arrive, elle monte dedans, nous demandons au chauffeur : el centro ? devant sa réponse positive, nous montons également. Pendant une vingtaine de minutes, nous allons monter et descendre des petites rues, certaines complètement embouteillées. Notre copine descend et demande au chauffeur de nous laisser à un arrêt près de la place du 10 Novembre.

 

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Consigne respectée, nous descendons et trouvons notre hôtel « Compania de Jesus » dans une rue proche. Nous nous installons (110 bol la matrimonial avec petit déjeuner). La chambre est spacieuse, claire, la fenêtre donne sur un petit patio intérieur.
Nous sortons faire un tour, dans les rues avoisinantes, à chaque montée, il nous faut reprendre notre souffle, nous sommes épuisés : les 4 060 m de Potosi se font sentir. Nous nous couchons, il y a 5 couvertures et un couvre lit. Impossible de dormir là dedans, c’est très très lourd et nous n’avons pas froid : on enlève 3 couvertures.

Pour le petit déjeuner, nous avons une grande tasse de café, thé, maté de coca au choix, deux petits pains ronds avec beurre et confiture, tous les rabs sont à supplément. Pour 11 euros, chambre et petit-déjeuner compris, cela nous semble normal.
Nous partons en ville avec notre linge sale sous le bras, à la lavanderia que l’on nous a conseillée la veille, après la pesée du linge (4 kg), remise du ticket de 40 bol, Nous devons le reprendre à 8h ce soir.

 

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Le musée de la monnaie étant ouvert, nous prenons nos billets et l’on nous indique qu’il y a une visite guidée en français à 10h30. Nous ressortons pour attendre l’heure, nous passons devant le couvent Santa Thérésa, ouvert mais que nous ne visitons pas, ce n’est pas au programme aujourd’hui. Retour au musée de la monnaie, nous ne sommes que 2 français, nous faisons la proposition de nous intégrer dans un groupe d’anglais, cela est refusé. La guide en français, arrive, cherche d’autres français dans les cours, revient bredouille et commence la visite rien que pour nous. Des salles d’exposition de peinture, puis les matrices et les monnaies des différentes époques, Potosi frappait la monnaie pour tout l’empire espagnol.
Nous voyons aussi la forge, les laminoirs, puis les presses tout est d’époque. Potosi a frappé la monnaie de la Bolivie jusqu’en 1953, maintenant elle est frappée au Chili et les billets imprimés en France.
A la fin de la visite, dans une cour intérieure, au milieu d’une exposition d’art moderne sur le thème de la boule de pierre, un groupe folklorique est en train de faire un enregistrement de leur spectacle. Nous regardons, la danse est très rythmée avec des sauts et des rotations incessantes, à la fin de la représentation les danseurs sont épuisés. Il est midi, les gardes mettent tout le monde dehors, c’est l’heure de la fermeture.
Nous prenons une petite collation au Café de la Plata : ensalada greca et jugos, nous n’avons pas très faim et rentrons à l’hôtel après être passés dans un cyber pour récupérer les mails. Nous sommes de nouveau fatigués.

 

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En passant devant la cathédrale de la Merced, notre attention est attirée par une collection de batterie de cuisine en argent suspendue pour faire une arche jusqu’aux portes de l’église. Une fanfare joue sur le côté à l’intérieur de la cour, nous passons à côté de l’arche et rentrons dans l’église où trônent deux vierges de tailles différentes, des autochtones sont en train de prier, nous nous faisons discrets et ressortons. Sylvie se fait accoster par une dame qui lui propose un verre d’alcool pour boire et verser aux pieds des piquets soutenant l’arche de plats en argent, des kilos d’argenterie. Elle refuse, certains sont déjà bien éméchés et la fête ne fait que commencer.

 

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Sur la place du 10 novembre, un orateur annonce des groupes folkloriques qui dansent les uns derrière les autres, puis vient le tour de chanteurs et musiciens. Pendant le concert, plusieurs voitures passent, décorées de blancs et les casseroles traînants à l’arrière, les mariés passent mais cela ne dérange point le concert, tout le monde cohabite avec des moments de cacophonie. Nous faisons un entracte afin de récupérer notre linge et de se restaurer dans un lieu chic, le 4060 en référence à l’altitude du coin, 2 steaks et une bière la Potosina et cela va mieux. En sortant nous clôturons le festival culturel du 200ème  anniversaire de la libération de Potosi en écoutant le dernier couple sur l’estrade, chansons avec des musiques très entraînantes et deux voix agréables. Il est 10H30, nous rentrons nous coucher.

C’est dimanche, la majorité des commerces sera fermée. Nous partons vers le Couvent Santa Teresa, dans le guide il serait ouvert . Et bien, non, porte de bois, il n’y aura donc pas de visite ce jour. Nous descendons vers le petit terminal de bus pour Uyuni où se trouvent les différentes agences. Nous en profitons pour prendre nos tickets pour mardi (60 bolivianos pour 2).
A côté ça grouille de monde, il y a en effet un grand marché que nous allons traverser. Fruits et légumes, viande, vêtements, et gargotes. Nous y retrouvons notre copine du bus. Jupe plissée bien étalée, chapeau- melon sur la tête, elle tient un étal de layette. Bien contente de pouvoir de nouveau nous dire quelques mots.
Nous sommes en bas de la ville, il est midi, il n’y a plus d’ombre, et nous devons remonter. De plus pas de mini bus en vue, nous avons du sortir du marché par le mauvais côté. Tout doucement, nous remontons vers le centre et nous nous affalons sur un banc de la place du 10 novembre. Le bar sur lequel nous comptions pour boire, Le Café de la Plata est fermé. Autour de nous, à la place des petits stands de jus de fruits pressés, de friandises, que des touristes qui n’ayant pas grand chose à faire en ce dimanche, prennent le soleil. Nous partons vers la petite rue piétonne, et rentrons vers le petit restaurant le Saltena, où il y a des saltenas à manger. Il s’agit d’une spécialité locale, un peu comme une empanada. Il n’y a pas de choix de menu, donc saltenas (Une dizaine de centimètres de long, 5cm de diamètre et sur le dessus une petite crête, la pâte est garnie de petits morceaux de poulet, bœuf, pommes de terre, raisin sec avec de la sauce à la cannelle sucrée salée, lorsque l’on croque dedans cela dégouline de partout) et Fanta ( même pas d’eau minérale)…c’est dur le dimanche !

 

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Nous rentrons tranquillement à l’hôtel et regardons la fin d’un Indiana Jones. Dehors il nous semble entendre des tambours, nous décidons de ressortir. Dans la rue d’à côté passent des élèves de tout âge sous les banderoles de leur école. Le cortége passé, nous remontons vers la place où nous en voyons un autre arrêté. Quelques minutes plus tard arrivent 4 jeunes filles portant une vierge. Le cortège démarre et sort de l’église une grande vierge portée par une vingtaine d’hommes. Au balcon, les habitants sortent des nappes blanches et lancent des confettis, des fleurs de papiers ou des cadeaux sur la vierge. D’autres lui apportent des offrandes, bagues, fleurs…La Vierge est accompagnée de prêtes qui de temps en temps s’arrêtent et font des prières dans un porte-voix. La foule très émue suit, les larmes aux yeux et le petit mouchoir à la main. Ce cortège vient retrouver le précédant, et se dirige vers l’église de la Merced.

 

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Toutes les cloches sonnent, les portes sont grandes ouvertes, tout est éclairé. Les 2 vierges se retournent vers la foule pour une dernière prière puis rentrent dans l’église où elles retrouveront leur place. La foule se sépare. Les portes de l’église se ferme.
Il y est 7h du soir, nous trouvons un petit resto ouvert où nous mangeons avant de rentrer.
Nous sommes fatigués et nous avons très mal aux yeux, pourtant nous ne quittons jamais les lunettes de soleil.
Notre visite du couvent de Santa Térésa est donc reportée à ce lundi matin. Nous y arrivons avec un groupe de quebecquois, nous aurons donc une visite en français de 2h. Visite très intéressante, le couvent est en très bon état et la vie de ces 21 nonnes bien que pas du tout passionnante et enviable est à connaître.

 

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A l’intérieur de très jolies œuvres d’art, l’or brille de partout, surtout dans l’église grâce à l’argent des dots payées en or. Pour rentrer au couvent les deuxièmes filles des familles les plus aisées devaient se mettre sur liste d’attente, attendre un décès et payer l’équivalent de 100 millions de dollars en équivalent or de maintenant. Aujourd’hui seulement 10 nones vivent ici, dont 8 brésiliennes, la crise frappe partout, même l’église recrute des immigrées. A la sortie nous déambulons dans les rues pas encore visitées du centre de Potosi.
L’après-midi, nous montons à la Torre de la Compania de Jésus, pour la vue sur la ville. La Torre cohabite avec l’office du tourisme, c’est un clocher ouvragé, très joli, vestige d’une ancienne église jésuite. Ensuite nous visitons le couvent de Saint François, le plus ancien couvent du pays et la plus grande église de Potosi.
Ici c’est de la pierre, très peu d’or, des fleurs fraîches sont dans des vases dans tous les recoins de l’église, une odeur de roses envahit l’atmosphère. Après la visite des catacombes sans intérêt, nous montons au mirador, sur les toits en coupole de l’église, le chemin est très aérien, mais c’est une très belle vue de Potosi.

 

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Dans notre élan mystique et religieux, il nous reste la visite de la cathédrale. L’ouverture est prévue à 16h, à 17h la porte étant toujours close, nous rentrons à l’hôtel, il commence à faire froid.

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Annie et Jean Charles 23/10/2010 14:05



Salut les routards


Après 15 jours à Counozouls (pas d'internet mais brâme du cerf, champignons, balades... ) nous voici de retour à Marseille et nous retrouvons vos aventures avec plaisir.  Pour nous
le départ c'est mardi.


Hasta la vista con besos.