Avant de quitter Kurashiki, nous visitons le musée Ohara. Ohara Mogasaburô, un riche industriel projette de créer un
musée avec des œuvres européennes et japonaises (ce qui ne se faisait pas à l’époque !). Il mandate un peintre local, Kojima Torajirô pour acquérir des œuvres en Europe. Celui-ci va
rencontrer Claude Monet et sera accueilli par d’autres peintres contemporains. Il mourra en 1929, le musée sera ouvert l’année suivante. Le fils
d’Ohara continuera l’œuvre de son père.
On y trouve parmi les peintres français, Picasso, Paul Gauguin, Modigliani, Chagall, Cezanne, Matisse, Van Gogh…bien sur
une Nymphéa de Monet…et une peinture du Vieux Port d’Albert Marquet. Un pan de mur est réservé à l’Annonciation du Greco.
Monet et Pissaro
Le Greco et Gauguin
Il y a bien évidemment les peintres japonais, Kishida Ryusei, Koide Narashige…Kojima Torajiro a une annexe pour ses
peintures et ses poteries rapportées principalement d’Iran.
Après quelques minutes de train express, nous arrivons à Okayama. Les valises déposées à l’hôtel nous partons vers le
jardin Kôraku-en. Très différent des autres, il y a une plantation de thé, des rizières. A part cela encore des mariages, kimono blanc ou rouge pour la mariée. Il y a aussi une exposition de
chrysanthème. Et aussi le concours du kimono d’or. Nous verrons d’ailleurs 2 mannequins poser. De l’autre côté de la rivière le château.

Nous voici sur l’île de Naoshima dans la mer intérieure. Cette ile industrielle a été transformé en un lieu d’exposition
musée d’art contemporain. Le ferry s’arrête au Port de Miyanoura. De là il faut prendre le bus local jusqu’à l’entrée de la Benesse House. A l’intérieur de la propriété une navette tourne sur les
3 sites. Il y a le Chichù Art Museum construit par Tadeo Ando. Après avoir payé les tickets d’entrée, on monte un chemin particulièrement fleuri avec arbres, petite mare avec roseaux et
nénuphars : qui en réalité reproduit le jardin Giverny de Claude Monet. Nous voici devant un mur en bêton, juste un trou pour rentrer au milieu du bêton dans la colline. Là le comité d’accueil,
on enlève les chaussures et en petites pantoufles nous sommes escortés jusqu’à la 1er salle : une vaste pièce blanche avec de petits carrés de marbre blanc de 1,5 cm ( environ 700
000 au total). Sur chaque pan de mur une peinture des Nénuphars de Claude Monet (dont une double) avec lumière du jour indirecte par le plafond.
En suivant un couloir toujours en bêton, la 2e salle d’exposition. On n’y rentre que par 8.
Alignés le long du mur, on s’avance en montant des marches vers un écran bleu qui est en réalité une grande pièce carrée
(James Turell).
Pour la 3e salle d’exposition, en plus, consigne de silence. On entre dans une immense salle, devant nous des
marches et à mi chemin une grosse boule de marbre noir. La lumière du jour descend d’une lucarne rectangulaire du plafond. C’est l’œuvre de Walter de Maria.
Le musée est un labyrinthe, le fléchage se voit à peine et on tourne vite en rond, on monte on descend, on sort dans la
cour mais ce n’est pas la sortie. Clautro s’abstenir, c’est limite crise d’angoisse…

Une fois la sortie trouvée, quelques minutes pour déstresser dans le jardin fleuri avant de s’attaquer au bêton du Lee
Ufan Museum, toujours œuvre d’Ando Tadao. Cette fois on pénètre dans le musée par une allée de petits cailloux, une grande colonne, une plaque métallique nous accueille.
On continue par des corridors en bêton, ensuite une cour de petits cailloux avec un gros rocher un carré de métal corné.
A l’intérieur des tableaux de Lee Ufan, le thème l’espace.

Dans un petit réduit un rocher, son ombre s’éclaire et c’est un diaporama sur le Japon…En ressortant en plein soleil on
comprend la décoration extérieure avec l’espace.
Maintenant la Benesse House, la 1er construction sur le site de Tadeo. L’entrée se fait par un mur de cailloux
qui entre dans le bêton. Une grande pièce ronde avec un escalier tournant, au milieu un panneau lumineux avec 100 fois Live et Die de Bruce Nauman. Dans d’autres pièces un tableau d’Andy Warhol,
des ronds de pierre ou de bois flottés de Richard Long. Il y a aussi un mur avec une centaine de drapeaux en sciure colorée relié par des tubes, à l’intérieur des fourmis ont creusé des galeries,
œuvre de Yukinori Yanagi. D’autres œuvres…mais à l’inverse des 2 autres musées, il y a d’immenses baies vitrées avec vue sur la mer.
Nous repartons vers le village, on n’oubliant pas de photographier la célèbre citrouille jaune et noire de Yayoi Kusama
et d’autres œuvres sur le bord de mer.

Mais ce n’est pas fini, il y a encore Art House Project. Beaucoup de maisons de l’île étaient abandonnées ou en ruine. Le
projet consistait à laisser la maison à un artiste. Il y a 6 maisons transformées. Les 6 se visitent et sont à découvrir dans le village. Cela ressemble un peu à la course au trésor. Les
touristes avec la carte à la main tournent à travers le village.
La première, la maison reconstruite classique avec des panneaux en papier japon et des fleurs sur les tatamis, c’est la
moins originale (Gohaisho).
Ensuite Haisha, une maison de bois, torchis et tôle rouillée avec la statue de la liberté sur les 2 étages. A côté une
pièce toute peinte en noire et un sol en verre sur des vieilles photos.
Ishibashi est une jolie maison de bois style samouraï. Un peintre reprend tous les panneaux de bois avec de la peinture
noire, le tout représentant des rochers et des forêts. Les arbres sont très très fins et le tout est assez sombre avec des effets de moirage. Il y a encore des mois de travail pour tout peindre
le peintre était là en plein exercice.
Kadoya, petite maison en bois, les tatamis sont remplacés par une piscine où brillent des compteurs défilants lumineux de
différentes couleurs.
Mimamidera, œuvre de James Turell et Tadao Ando. On rentre par 8 dans un labyrinthe tout noir en suivant le mur avec la
main. On s’assoie et on attend une dizaine de minutes pour que les yeux s’habituent à l’obscurité. On peut ensuite se lever et faire le tour de la pièce.
Go’o shrine est un ancien petit temple au sommet d’une colline. L’escalier pour y monter est de verre. Devant un parterre
de petits cailloux blancs. Sous le temple par un couloir de 50 cm de large on arrive au pied de l’escalier de verre qui prend naissance dans de l’eau 4 mètres plus bas.

Dans tous les sites, il est interdit de prendre des photos sauf pour le temple, les photos de l'intérieur ont été prises
sur internet.
Il est maintenant temps de reprendre le bus vers le port pour ne pas rater le ferry qui nous ramènera.

Aujourd’hui, journée repos : pas de train, pas de ferry au programme. Une grasse matinée puis une ballade à pied
vers le jardin Kôraku en. Encore de jolis kimonos en ballade accompagnés de leur photographe. Un petit matcha avec son gâteau devant les champs de thé. Il commence à tomber quelques gouttes, nous
serons à l’hôtel quand l’orage éclatera.

Demain, c’est le retour vers Tokyo.
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